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Coup de théâtre à Perpignan, le faux viol de Lola

Lola, 26 ans, avait réussi en deux semaines à faire parler d’elle dans les médias et à provoquer une forte émotion au niveau national. Le 25 juin, elle avait affirmé avoir été victime d’un viol par deux hommes en plein jour près du boulevard Kennedy à Perpignan. La fréquence du lieu et l’absence d’assistance des passants décrits par la victime ont contribué à amplifier l’élan de solidarité autour d’elle. Avec l’aide de son compagnon Damien, Lola a rassemblé 12 800 fans sur Facebook et près de 500 participants à une marche blanche sur Perpignan le 6 juillet, avec Lola en tête de cortège et ses proches brandissant une banderole proclamant à l’attention des agresseurs « Je montre mon visage, montrez-nous le vôtre ».

Sa plainte avait généré plus de 600 heures de travail impliquant 6 enquêteurs et plusieurs magistrats. Finalement, l’enquête a révélé plusieurs incohérences dans les déclarations de la victime présumée. Les personnes incriminées avaient des alibis et il semblait impossible d’imaginer ce viol tel qu’il avait été décrit par Lola. Suite à une garde-à-vue accablante au commissariat de Perpignan, Lola a fini par craquer et avouer avoir tout inventé. En exposant les autorités judiciaires à d’inutiles recherches, elle s’expose à un délit passible de six mois d’emprisonnement et de 7.500 euros d’amende. L’analyse psychiatrique qui s’en est suivie va révéler «Les séquelles d'un viol ancien, subi alors qu'elle avait 12 ans ». C’est ce qui va lui éviter des poursuites judiciaires pour dénonciation de viol imaginaire.

Comment Lola a-t-elle pu inventer une telle histoire ?

Selon Roland Coutanceau, psychanalyste et expert auprès des tribunaux, Lola souffre de mythomanie. Pour elle, « l'objectif est d'attirer l'attention et de susciter l'intérêt de son entourage, à n'importe quel prix. D'un coup, tout le monde s'intéresse à la personne présumée victime. On l'interroge, on la plaint et plus personne n'est fâché avec elle. C'est aussi une forme de séduction. La personne mythomane a un besoin très fort de reconnaissance. Elle rêve de se glisser dans le rôle d'une victime, car une victime devient l'objet de toutes les attentions. Une des racines de la mythomanie, c'est le besoin d'amour. Comme un acteur, le mythomane incarne un rôle et en tant que victime, il devient le héros. Il est alors le personnage principal de son scénario. Il y a un côté excitant, la personne se met en scène et tout le monde regarde le film ». Finalement, l’affaire de Lola en rappelle bien d’autres comme celle des victimes d’Outreau. Après avoir savouré l’élan de reconnaissance, Lola va devoir affronter ses désillusions.

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