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Grève Air France, exemple du mal français

Pourquoi diable les pilotes d’une compagnie aussi prestigieuse et stable qu’Air France, considérés parmi les mieux lotis en ces temps difficiles, font-ils grève ? L’exemple est impressionnant en illustration du mal français. Comme le résume Tony, un chef d’entreprise, « la France est le seul pays où la moitié de la population a décidé de mener la vie dure à l’autre moitié ». Alors que la direction d’Air France développe une stratégie d’expansion avec Transavia, une filiale low-cost, pour faire face à la concurrence internationale et propose de créer 250 postes de copilotes et de commandants de bord, les syndicats de pilotes, SNPL, SPAF et ALTER, décident de faire grève ce lundi 15 septembre, et probablement toute la semaine, pour protester contre cette décision. Officiellement leur grève est menée pour « absence de dialogue social sur les orientations stratégiques », mais en clair, ils demandent à la direction de n’engager que des pilotes dans l’esprit d’un groupe unique Air France, c’est-à-dire aux mêmes coûts salariaux des pilotes actuels de la compagnie. Ce qui compromet bien évidemment le projet d’expansion low-cost d’Air France.

Tous les pilotes de la compagnie ne sont pas de l’avis des syndicats grévistes, fort heureusement. Béatrice Lestic, de la CFDT, s’indigne contre ce mouvement, " C'est un sentiment de colère et d'incompréhension qui domine, explique-t-elle. Les grèves de pilotes ont des conséquences économiques majeures. Cela va mettre à mal le plan de restructuration en cours. C'est d'autant plus incompréhensible qu'aucun pilote d'Air France n’est obligé d'aller travailler chez Transavia". Résultat des courses, un avion sur deux est annulé. Ce qui va perturber l'activité personnelle, professionnelle et économique des Français, coûter entre 10 à 15 millions d’euros par jour à la compagnie, sans compter que cette grève va faire les choux gras des compagnies étrangères concurrentes. Easyjet a déjà déployé une capacité additionnelle de plus de 1000 sièges supplémentaires sur les vols au départ de Paris et à destination de Nice et Toulouse. Quant à Air Corsica, elle a déployé toute une communication sur la disponibilité totale de son réseau de service public entre la Corse et les aéroports de Nice, Marseille et Paris-Orly.

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