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Exécutée sur Twitter, le Mexique impuissant !

Le monde, et plus particulièrement le Mexique, se rappellera de l’exécution de Felina, médiatisée par les cartels sur Twitter le 16 octobre 2014. Maria Del Rosario Fuentes Rubio alias Felina, nom d'emprunt d'une jeune médecin de Reynosa au Mexique, qui officiait de façon anonyme sur le réseau Twitter a été exécutée d'une balle dans la tête pour avoir dénoncé les activités des gangs dans sa ville, la plus peuplée de l'Etat du Tamaulipas, l'un des plus dangereux du Mexique. Une ville où le gouvernement, la police et les médias sont gangrenés par deux cartels de la drogue, le cartel du Golfe et les Zetas. Mais aussi une ville où quelques courageux citoyens se servent de Twitter et de Facebook pour dénoncer les meurtres. C'est ce que faisait Felina qui avait choisi son surnom en hommage à Catwoman pour comparer sa ville à Gotham City, la cité de Batman gangrenée par le crime.

Le jeudi 16 octobre 2014, les derniers tweets de Felina ont été l'œuvre de ses assassins. Après l'avoir enlevé, ils se sont connectés à son compte via son propre Smartphone et ont publié le message suivant « Mes amis, mon vrai nom est Maria Del Rosario Fuentes Rubio. Je suis médecin et, aujourd'hui, ma vie a pris fin. Il ne me reste plus qu'à vous dire de ne pas commettre les mêmes erreurs que moi ». Très vite suivi de deux photos, la première montrant Maria de face, vivante, la deuxième la montrant allongée, exécutée d’une balle dans le front. Le tout accompagné d'un message à l'attention des membres du réseau valor por tamaulipas, auquel elle collaborait, les enjoignant de fermer leurs comptes.

Comment les malfaiteurs ont-ils retrouvé Felina ? Personne ne le sait. La version répandue est que les assassins ont découvert par hasard sa véritable identité sur son Smartphone lorsqu’ils s’en sont pris à elle pour se venger suite à des complications lors de soins d’un garçon à l’hôpital où elle travaillait. Mais la version la plus probable est que, malheureusement, quelqu’un a du céder à la tentation d’empocher les 48.000 dollars de prime offerts par les cartels pour signaler les animateurs du réseau valor por tamaulipas, actif sur Twitter et Facebook pour dénoncer les déplacements et agissements des narcotrafiquants. Difficile de dire si cette exécution parviendra à faire taire l’espace de liberté qui survit tant bien que mal sur les réseaux sociaux mexicains. Les animateurs de valor por tamaulipas espèrent que non et que le combat de Felina se poursuivra. Reste que le pays est marqué par la toute puissance des cartels, qui ont corrompu tout le système et ont déjà réussi à faire taire la quasi-totalité de la presse conventionnelle.

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