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Face à Darmanin, l’émission qui l’a humanisé aux yeux des Français

Plus de trois heures face à des invités choisis pour contester les actions et l’autorité du ministre de l’Intérieur. L’émission « Face à Baba », animée par Cyril Hanouna sur C8 le 20 octobre, promettait de faire fort avec sa nouvelle version. Cela n’a pas raté. Mais là où tout le monde s’attendait au terrassement du ministre, c’est un Gérald Darmanin humain, populaire et plus sympathique que jamais, qui en est sorti.


Capture d'écran émission Face à Baba sur C8

Dès les premières notes, l’animateur avait donné le ton en prévision des attaques concoctées pour son invité. « Merci d’avoir eu le courage de venir » lui assura-t-il. « Franchement, confie K.R., un téléspectateur, quand j’ai vu Gérald Darmanin comme invité de cette émission, je m’apprêtais à zapper. Pour moi, rien à l’horizon car j’avais l’image d’un ministre qui a tout foiré. Mais, dès sa première prise de parole, j’ai été happé par cette émission et, sans m’en rendre compte, je l’ai vue jusqu’au bout. C’est un autre Gérald Darmanin que j’ai découvert, issu d’un milieu populaire, bien plus humble que le profil inhumain ou maladroit que nous ont seriné les médias. Comme quoi, il faut toujours se méfier des médias et écouter les deux parties ou protagonistes avant de porter un jugement.».


Plutôt que d’inviter des journalistes, comme à l’accoutumée, pour cuisiner l’invité, cette fois, les producteurs ont fait le choix de confronter directement le ministre aux victimes des violences les plus médiatisées.

Comment Gérald Darmanin a-t-il pu tenir plus de trois heures d’attaques, garder son calme et répondre sans sourciller face à des invités qui semblaient préparés à le lyncher ? Car ce qui a changé dans cette émission, c’est le choix des intervenants. Plutôt que d’inviter des journalistes, comme à l’accoutumée, pour cuisiner l’invité, cette fois, les producteurs ont fait le choix de confronter directement le ministre aux victimes des violences les plus médiatisées. Issam, le père de Souheil, tué par la police après un refus d’obtempérer, Angèle, 89 ans, agressée par des jeunes délinquants, son fils en colère, Jérôme Watel, pour le décès de son père à la suite d’une agression, l’affaire du squat à Marseille, les toxicos et la recrudescence du crack dans certains quartiers parisiens ou encore les plaintes et le ras-le-bol des policiers et familles de policiers. Cela fusait de tous les côtés. Face à chacun des invités, le ministre a fait preuve d’une écoute attentive, exprimait sa compassion envers les victimes et précisait, à chaque fois s’il en était besoin, que lui aussi fait partie du peuple, essaie de faire de son mieux, est critiqué pour la moindre action, est freiné par des lois complexes et incompréhensibles pour les citoyens. On apprend, par exemple, qu’il ne suffit pas de vouloir expulser un délinquant étranger ou sans papiers pour pouvoir le faire. Encore faut-il que son pays d’origine accepte de l’accueillir. C’est une loi internationale qui ne s’applique pas seulement à la France. On a compris que, parfois, le ministre n’a pas les coudées franches pour aller jusqu’au bout des actions qui lui semblent aussi judicieuses que celles souhaitées par les Français, car il subsiste une inadéquation entre la justice et les actions de la police. Les forces de polices sont souvent découragées quand elles voient un récidiviste arrêté, relâché quelques jours après. « Pour faire avancer les choses, il y a peut-être un travail à faire et une coordination à créer entre le ministre de l’intérieur et la garde des sceaux. Ils doivent se mettre à table ensemble pour trouver des solutions plus justes et plus efficaces » comme le suggère l’animateur.


Finalement, en fin d'émission, on a l'impression que Gérald Darmanin s'en est sorti agrandi et bien plus populaire qu'avant. Il a su exprimer sa compassion, ses limites et réussi à donner des réponses transparentes à chacun des invités qui l'avaient apostrophé, sauf, peut-être, pour la journaliste Nadiya Lazzouni, qui n'a pas cessé de l'interrompre avec virulence sans lui laisser le temps de placer la moindre réponse.

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